Road Studio dans la Voix du Nord

Un Road Studio pour enregistrer partout où cela vous chante

Une formation d’assistant du son en guise de bagage et la passion de la musique comme carburant, Benjamin Mathieu va sillonner les routes à bord de son camion studio.

L’idée : pouvoir enregistrer n’importe où, au domicile des groupes ou dans les festivals, et même en pleine nature !

voixdunord

Son concept est simplissime. « J’arrive, j’installe des micros dans la pièce où joue le groupe, je tire un câble son et alimentation et j’enregistre. Ensuite, il ne reste qu’à mixer, dans le camion. »

Voilà brossé dans les grandes lignes le projet de Road Studio qui, après un an de travail, est en passe d’aboutir.

C’est que derrière sa dégaine juvénile, Benjamin Mathieu en a sous le chapeau. Formé au son à Valenciennes, le jeune Douaisien a rapidement remisé ses rêves de travailler dans un vrai studio. Entendez : un studio avec une adresse et des murs.

« C’est un peu bouché... Avant, c’était plus facile de trouver un boulot d’assistant. Désormais, les artistes enregistrent avec des plus petits budgets ou en autoenregistrement. Alors on peut bosser en studio... mais bénévolement », argumente Benjamin.

Passés les stages, il ne lui restait plus beaucoup d’options pour exercer sa profession. Sauf à créer son propre studio : en l’installant dans un camion, le Douaisien a contourné l’épineuse question des charges et proposé une vraie solution aux groupes qui n’ont pas les moyens de s’offrir une journée de prise de son à 1 000 € dans la capitale.

« Avec moi, ce sera de l’ordre de 250 €. Avec la possibilité de s’adapter au budget du groupe. »

Vivre de son Road Studio, c’est évidemment ce dont rêve Benjamin. Mais en plus de son gagne-pain, le jeune homme défend aussi une certaine idée du métier.

Lui qui a créé il y a quelques mois avec Nina Debail la Parenthèse musicale, une plate-forme d’échange sur le net pour faire connaître les groupes du Douaisis, milite pour donner une chance à tous les musiciens.

« En plus, en enregistrant chez eux ou dans leur salle de répétition, les groupes ont davantage confiance, souligne Benjamin.

On peut d’ailleurs utiliser le lieu en posant des micros : ça donne un son particulier. »

Exemple prestigieux à l’appui : « Certains groupes, comme les Rolling Stones, enregistraient partout pendant leurs tournées. »

Avant de prendre le volant, Benjamin a encore quelques finitions à apporter à son camion. Il veut notamment peaufiner l’isolation acoustique pour que le son « soit le plus neutre possible : il sera possible d’enregistrer à l’intérieur du camion, une guitare et une voix, par exemple. Ce sera moins confortable, mais on le fera ».

La structure étant sur le point d’être achevée, il ne reste plus qu’à encastrer le matériel de traitement du son, table de mixage et diffuseur de Schroeder, pour qu’il ne souffre pas des déplacements du véhicule.

Le studio mobile sera alors prêt : d’ici 15 jours, Benjamin démarrera son moteur pour aller capter des sons aux quatre vents.

Un projet financé grâce à du «crowdfunding»

Pour boucler les 50 000 euros indispensables à l’achat du camion et du matériel, Benjamin a recours au financement participatif ou crowdfunding.

Grâce à La Boutique Espace Gestion, qui soutient son projet depuis un an, le jeune chef d’entreprise a été aiguillé vers la plateforme notrepetiteentreprise.com, partenaire de myMajorCompany, un site dédié à ce mode financement. Benjamin a donc créé une page pour expliquer qui il est, ce qu’il fait et de quelle somme il a besoin.

« Après, on donne des contreparties : par exemple, pour 10 €, des stickers et un merci sur facebook ; pour 30 €, un tee-shirt… ».

La souscription est ouverte 60 jours au bout desquels Benjamin espère récolter 4 000 €. « Sinon, la somme sera redistribuée entre les donateurs par le site. »

Deux jours après l’ouverture de sa page (le 11 février) Benjamin avait déjà récolté 210 €. À vot’ bon cœur !

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